Même si les prévisions sont rarement fiables, elles peuvent être prises en considération lors de l’orientation. Voici un baromètre sectoriel très synthétique réalisé à partir des rapports de nos experts nationaux (http://www.strategie.gouv.fr/) qui dresse des perspectives hors crise économique. La lettre contenue dans le code métier vous indique le secteur concerné.
L’agriculture, la marine, la pêche et la sylviculture
Le nombre d’emplois offerts devrait continuer de baisser sur la prochaine décennie, malgré les difficultés de recrutement. Les contraintes et la pénibilité du travail, la nécessité légale d’avoir parfois un diplôme pour travailler et la tradition de filiation dans ces secteurs les rendent perméables. Rares sont les personnes actives qui basculent d’un autre secteur vers celui-là.
Le bâtiment et les travaux publics
L’embauche devrait être au rendez-vous. Ces métiers ont toujours des difficultés
à recruter une main d’œuvre formée et fiable. Le départ des générations du baby-boom devrait théoriquement accentuer la pénurie de personnel et faire grimper un peu les rémunérations. Pourtant ce n’est pas vraiment ce que l’on constate sur le terrain et tant qu’il y aura des pays de la zone euro avec des niveau de vie plus bas que la France, les grand constructeurs iront y chercher une main d’œuvre bon marché.
Électronique
Pas de surprise, les pays à bas salaires ont bénéficié des transferts de technologie et l’avenir de la profession en France est derrière nous. Ceci étant, comme c’est souvent le cas des métiers en repli on risque d’observer un paradoxe. Une partie des départs en retraite doit être remplacée et du coup les compétences en électronique sont très recherchées dans l’industrie.
Le travail des métaux
Les ouvriers travaillant le métal par usinage, ceux produisant ou réparant des équipements mécaniques, de même que les techniciens devraient être recherchés.
Les industries de process
Agro-alimentaire, chimie, plasturgie, etc. A l’image de l’ensemble de l’industrie, exit les ouvriers non qualifiés au profit d’ouvriers qualifiés. Principe élémentaire sur un marché où il y a globalement plus de demande que d’offre, les employeurs peuvent préférer à poste identique des personnels plus qualifiés. Néanmoins, des difficultés de recrutement sur les postes qualifiés interviendront sans doute notamment à cause de la concentration de certains secteurs en zone rurale. Qui fera demain suffisamment confiance à un groupe pour quitter la ville et s’installer en zone désertique ?
Les industries légères
Net repli de l’emploi ouvrier dans les industries du cuir et du textile et avec quelques nuances dans la filière du bois. Dans les industries graphiques, les salariés maîtrisant les dernières techniques numériques devraient tirer leur épingle du jeu.
La maintenance
Présent dans tous les secteurs de l’économie, la maintenance des équipements devraient offrir un bassin d’emplois stable. D’autant que cette « sécurité » de l’emploi qui est un atout pour les actifs ne l’est pas pour les élèves et étudiants, qui sont rarement attirés par l’emballage certes peu glamour de la « maintenance industrielle ».
Les ingénieurs techniques de l’industrie, les informaticiens et les
chercheurs
Les besoins en ingénieurs, informaticiens et chercheurs devraient être encore croissants dans les prochaines années. Pour l’instant seules certaines écoles ont la côte mais devant l’importance du ration besoin / candidats, les employeurs devraient intégrer rapidement davantage de formation bac+5 à leur plan de recrutement.
Les transports, la logistique, le tourisme
Sous réserve d’une reprise économique, le développement des échanges et du commerce rend les besoins en main d’œuvre importants dans l’ensemble des familles professionnelles, des ouvriers aux cadres.
L’administration générale des entreprises
Les métiers administratifs de la secrétaire au comptable sont également présents dans tous les secteurs d’activités de l’économie. L’emploi progresse directement avec la croissance économique, avec une demande tournée vers les techniciens et les cadres.
L’administration publique et les métiers du droit
Les gains de productivité dans les fonctions administratives liés aux nouvelles technologies, devraient stopper net les besoins de main-d’oeuvre de la fonction publique. Ceci étant, les perspectives d’emplois dans la fonction publiques ne sont pas plus liées aux besoins réels qu’aux politiques gouvernementales qui seront mises en œuvre. Alors, il n’y aura aucun besoin, c’est une évidence, mais pour autant, il y aura peut-être des emplois.
La banque et les assurances
Les métiers de la banque et des assurances poursuivent leur mutation vers les emplois commerciaux. Les effectifs globaux devraient être stables mais les remplacements des départs en fin de carrière seront importants. Bien évidemment sous réserve du sort réservé à notre système bancaire et les régles de fonctionnement qui seront dictées ou pas par les pouvoirs politiques.
Le commerce et la vente
Clef de voûte de notre système, quand l’économie est en crise, il faut des commerciaux pour arracher les marchés et quand l’économie est en croissance il faut des commerciaux pour répondre aux clients. La différence se fera sur la façon de travailler et le mode de rémunération, mais globalement, l’emploi devrait être au rendez-vous, mais quel emploi ? Rémunération fixe faible ou pas, bonnes conditions de travail et progression ou pas… vers des postes d’encadrement.
Les métiers de l’alimentation, de la restauration et de l’hôtellerie
Relativement protégés des crises, les métiers de bouche (charcutier, boucher, boulanger) et les hôtels café restaurant sont parmi les secteurs qui ont toujours le plus de difficultés à recruter. Même s’ils mutent les grandes chaînes de restauration viennent remplacer les petits restaurants, idem pour l’hôtellerie, trouver un bon cuistot restera difficile.
Les services aux particuliers
Le domaine professionnel regroupe des métiers très divers (garde d’enfant, aide à domicile, ménages), les emplois du nettoyage, les métiers de l’esthétique et de la coiffure etc. Il y aura bien évidemment de la création d’emploi mais…. Beaucoup de facteurs sont à prendre en considération sur le plan économique. Par exemple, l’évolution des politiques d’immigration, les employés de maison, les gardiens et les agents de sécurité sont plus d’une fois sur quatre des salariés immigrés. L’évolution des politiques de santé et d’hospitalisation à domicile. En réalité, ce secteur n’est pas nécessairement générateur d’emplois mais croît à cause d’un transfert d’emplois. La coiffeuse à domicile ne coiffe plus en salon… La grosse difficulté pour ce pseudo secteur est de trouver un équilibre financier pour exercer des activités en crise que l’on trouvait pour la plupart sous d’autres formes.
Les métiers des arts, des spectacles et de la communication
On a beaucoup compté sur la croissance et le développement du temps libre pour que se développent les activités des arts, des spectacles et de la communication. Certes, si la croissance revient, on peut espérer que des emplois soient crées. Ceci étant, il ne faudra pas oublier que ces métiers attirent énormément de jeunes et que les pseudos diplômes et formations divers fourmillent sans avoir de jobs à mettre en face. Attention, même en cas de reprise, il y a déjà sur le marché beaucoup de monde qui attend et cela ne s’arrête pas !
Les métiers de la santé et de l’action sociale
Le vieillissement de la population et les évolutions du rapport à la santé offre une perspective de pénurie de main d’œuvre, médecin, infirmiers etc. Les difficultés à recruter sont inévitables et dans l’ensemble toutes les professions de la santé et de l’action sociale fonctionnent en sous-effectifs. Pour autant, les études sont encore à ce jour sélectives, ce qui accroit la tension de l’emploi.
L’enseignement, la formation
Les besoins sont très importants, mais comme nous le disions pour la fonction publique administrative, il n’y a pas nécessairement de lien entre les créations d’emplois et les besoins anticipés. Les politiques publiques seront immédiatement déterminantes. A l’heure actuelle, les perspectives sont plutôt à la destruction d’emploi dans ce secteur qu’à la création.